Dos & posture

Mal de dos et travail de bureau : ce que la science recommande vraiment

Mal de dos et travail de bureau : ce que la science recommande vraiment

Par Alexis Sellier, coach sportif holistique à Amiens — Dernière mise à jour : juillet 2026

En résumé (réponse rapide)

Le mal de dos touche la majorité des personnes qui travaillent sur un poste sédentaire, mais la position assise elle-même n'est pas le vrai coupable : c'est l'absence de variation de position et un dos insuffisamment préparé à la charge du quotidien. Ni la chaise la plus chère ni la « posture parfaite » ne suffisent seules. Ce qui change réellement la donne : bouger régulièrement, renforcer le dos et le tronc progressivement, et ne pas laisser la peur du mouvement s'installer après une douleur. En complément d'un suivi médical si les douleurs persistent ou s'aggravent.

Pour qui est ce guide ?

Ce guide s'adresse à vous si :

  • Vous passez la majorité de vos journées assis(e) — bureau, écran, réunions, télétravail — et vous sentez une gêne dans le bas du dos qui revient régulièrement.

  • Vous êtes dirigeant(e) ou responsable d'équipe et vous vous demandez comment agir sur ce sujet à l'échelle de votre entreprise, au-delà de votre propre cas.

  • Vous avez déjà eu un épisode de lombalgie et vous cherchez à comprendre comment éviter qu'il ne revienne, sans tomber dans l'excès inverse — l'immobilité par peur.

Si votre priorité est une routine courte à faire chaque jour, le guide dédié ira plus loin sur ce point précis : [Routine mobilité 10 minutes : le protocole quotidien].

Les points essentiels

  • Deux salariés sur trois connaîtront un épisode de lombalgie au cours de leur vie active — ce n'est pas un problème marginal, c'est une quasi-norme statistique.

  • La position assise prolongée n'est pas intrinsèquement dangereuse pour le dos : c'est l'absence de rupture régulière de cette position qui pose problème.

  • Il n'existe pas de « posture parfaite » universelle validée par la science — ce qui compte, c'est la capacité à varier les positions et à tolérer la charge du quotidien.

  • Le renforcement musculaire progressif du tronc est l'intervention la mieux documentée pour réduire la douleur et prévenir les récidives — bien davantage que le repos prolongé.

  • La peur du mouvement après un épisode douloureux (« je ne dois plus bouger ») est souvent plus délétère à long terme que la douleur elle-même.

  • Le télétravail mal organisé, en particulier associé à une charge mentale élevée, est associé à un risque accru de lombalgie.

  • L'activité physique complète le suivi médical. Elle ne le remplace jamais, en particulier en présence de signaux d'alerte (voir plus bas).

🧠 Ce que dit la science

Une quasi-norme statistique, pas un problème marginal

Selon l'INRS, dans une population en âge de travailler, plus de deux salariés sur trois ont eu, ont, ou auront une lombalgie au cours de leur vie active. Les lombalgies représentent près de 20 % des accidents du travail et 7 % des maladies professionnelles reconnues en France. À l'échelle mondiale, une analyse publiée en 2025 dans Frontiers in Public Health (Zhang, Lv, Yi, Qiu & Wu) portant sur les données du Global Burden of Disease chiffre la prévalence de la lombalgie chez les personnes en âge de travailler à plus de 450 millions de cas en 2021, soit une hausse de plus de 50 % par rapport à 1990 — une progression plus rapide que celle attribuable au seul vieillissement démographique.

Le travail de bureau n'est pas la seule origine du mal de dos — le port de charges reste, par exemple, à l'origine de près de la moitié des accidents du travail liés à la lombalgie. Mais le poste sédentaire a sa propre mécanique de risque, différente de celle du travail physique, et c'est celle-ci qui nous intéresse ici.

La position assise n'est pas le problème — l'immobilité l'est

C'est sans doute l'idée reçue la plus tenace sur le sujet : « rester assis abîme le dos ». La réalité, telle que la recherche récente la décrit, est plus nuancée et plus utile. Une étude de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), publiée en 2025 (Avis relatif à la révision des recommandations sur les ruptures de sédentarité, saisine n° 2025-SA-0031), a réévalué l'ensemble des données disponibles sur le sujet. Sa conclusion : ce n'est pas tant la durée totale passée assis qui pose problème que l'absence d'interruption régulière de cette position. L'Anses recommande désormais une rupture de la position assise toutes les 30 minutes — contre toutes les 90 à 120 minutes dans les précédentes recommandations de 2016 — sous la forme de 3 à 5 minutes de marche à intensité faible à modérée.

Concrètement, en France, plus de 37 % des adultes passent aujourd'hui plus de 8 heures par jour assis, pour une moyenne nationale d'environ 7 heures. Les bénéfices observés lors des ruptures régulières ne se limitent pas au dos : amélioration de la glycémie et de la sensibilité à l'insuline, meilleure attention et temps de réaction, humeur moins perturbée, réduction de la sensation de fatigue. L'INRS recommande, en complément, de réorganiser certaines tâches pour alterner assis et debout — appels téléphoniques en marchant, réunions courtes debout — et d'aménager les espaces de travail pour encourager le déplacement.

Ce que le télétravail change vraiment

Une étude de Santé Publique France publiée en octobre 2023 s'est penchée spécifiquement sur le lien entre les conditions de télétravail et le risque de lombalgie. Son constat : la pratique du télétravail, en particulier lorsqu'elle s'accompagne d'une charge mentale élevée ou d'une symptomatologie dépressive associée, est liée à un risque accru de lombalgie. L'explication la plus probable n'est pas seulement posturale — poste souvent moins bien équipé qu'au bureau — mais aussi comportementale : à domicile, les micro-déplacements naturels d'une journée de bureau (aller voir un collègue, se rendre en salle de réunion, marcher jusqu'à l'imprimante) disparaissent souvent presque entièrement.

Le renforcement musculaire : l'intervention la mieux documentée

Sur le plan des solutions, la littérature scientifique des dernières années converge de façon assez nette. Une revue systématique portant spécifiquement sur les exercices de stabilisation du tronc chez les personnes souffrant de lombalgie non spécifique (Smrcina, Woelfel & Burcal, International Journal of Sports Physical Therapy, 2022) conclut à une réduction significative de la douleur et de l'incapacité fonctionnelle avec ce type de travail. Une méta-analyse plus récente publiée dans Frontiers in Physiology en 2025, comparant plusieurs formes de renforcement du tronc chez des patients souffrant de lombalgie chronique non spécifique, confirme que l'ensemble des approches de renforcement du tronc améliorent significativement la douleur et la fonction, avec un effet particulièrement marqué pour le travail de type Pilates et pour le renforcement en résistance.

Une revue Cochrane actualisée en 2024 (Ijzelenberg et al.) sur la thérapie par l'exercice dans la lombalgie non spécifique aiguë confirme l'intérêt de l'exercice comme intervention de référence, recommandée par les grandes sociétés savantes internationales, face à des thérapies passives dont l'efficacité reste limitée sur les douleurs qui s'installent dans la durée. Une analyse en réseau publiée en 2025 précise par ailleurs un point pratique important : les bénéfices s'installent progressivement, avec des effets plus marqués lorsque le travail est poursuivi au-delà de 16 semaines. Le renforcement du dos n'est donc pas un geste ponctuel qu'on effectue une fois la douleur présente, mais un entraînement qui se construit dans la durée — exactement comme n'importe quel autre travail de force.

🧭 Pourquoi c'est si difficile ? La psychologie du mouvement et de la peur

Comprendre qu'il faut bouger et se renforcer ne suffit pas toujours à le faire. Le mal de dos a une particularité que d'autres douleurs n'ont pas toujours : il génère souvent une peur spécifique du mouvement, documentée sous le nom de kinésiophobie.

Le cercle de l'évitement

Le scénario est fréquent : une douleur apparaît, la personne interprète le mouvement comme une menace pour son dos, elle évite de bouger « pour ne pas aggraver », cet évitement entraîne un déconditionnement musculaire progressif, et ce déconditionnement rend le dos objectivement moins tolérant à l'effort — ce qui semble confirmer, à tort, que le mouvement était dangereux. Les recommandations médicales de référence sur la lombalgie commune, publiées par l'Assurance Maladie à destination des médecins, sont sans ambiguïté sur ce point : le maintien de l'activité physique et professionnelle, ou sa reprise précoce dans des conditions adaptées, fait partie des éléments-clés pour éviter qu'une lombalgie ne devienne chronique. À l'inverse, l'arrêt prolongé de toute activité est un facteur de risque de chronicisation reconnu.

Les professionnels de santé parlent, pour évaluer ce risque, de « drapeaux jaunes » (facteurs psychologiques et comportementaux, dont la peur du mouvement fait partie), de « drapeaux bleus » (perception du poste de travail) et de « drapeaux noirs » (contexte socio-économique et professionnel) — autant de facteurs qui influencent davantage le passage à la chronicité que la lésion initiale elle-même.

Pourquoi la motivation à « faire attention à son dos » s'essouffle

Une motivation construite uniquement sur la peur (« si je ne fais pas attention, ça va recommencer ») s'épuise vite — elle repose sur l'évitement d'une menace, pas sur un objectif positif. La théorie de l'autodétermination (Deci & Ryan) montre qu'une motivation durable se nourrit d'autonomie, de compétence ressentie et de sens, pas uniquement de prévention du pire. Se fixer comme objectif de retrouver une capacité — porter ses enfants sans y penser, rester assis en réunion sans avoir mal, tenir un trajet en voiture sans raideur — fonctionne mieux dans la durée qu'un objectif défini uniquement en creux, par ce qu'on cherche à éviter.

Comme pour toute nouvelle habitude, la régularité prime sur l'intensité : la méta-analyse de Singh et al. (Healthcare, 2024) établit qu'une habitude de santé met en moyenne 2 à 5 mois à se consolider, avec une médiane de 66 jours selon l'étude fondatrice de Lally et al. (2010). Deux minutes de mobilité faites chaque jour pendant deux mois construisent plus de résilience du dos qu'une séance intense suivie d'un abandon après dix jours.

🦴 Biomécanique : ce qu'il faut comprendre, simplement

La colonne vertébrale n'est pas une structure fragile qu'il faudrait « protéger » en bougeant le moins possible — c'est une structure vivante, conçue pour être chargée, qui s'adapte à ce qu'on lui demande, dans un sens comme dans l'autre.

Trois principes simples résument l'essentiel :

  • La charge, ça se construit progressivement. Un dos qui ne soulève jamais rien de plus lourd qu'un sac à main devient moins tolérant à l'effort inhabituel — pas plus protégé. Un dos entraîné progressivement à des charges croissantes développe une meilleure tolérance. C'est le même principe que pour n'importe quel autre muscle du corps.

  • La variabilité vaut mieux que la position « parfaite ». Aucune posture statique, aussi soignée soit-elle, ne peut être tenue des heures sans fatigue — les muscles posturaux, comme tous les muscles, se fatiguent avec la statique prolongée. Changer régulièrement de position répartit la charge et retarde cette fatigue, quelle que soit la qualité de la posture de départ.

  • Le port de charges suit des repères, pas des interdits absolus. Les normes ergonomiques (ISO 11228) situent autour de 15 kg le seuil protégeant la grande majorité des adultes pour un port de charge répété — un repère utile, pas un mur infranchissable pour un dos entraîné et une technique correcte.

⚖️ Ce que les études ne disent pas

L'honnêteté impose de préciser les limites de ce qui précède.

L'imagerie ne raconte pas toute l'histoire. Une revue systématique de référence publiée en 2015 dans l'American Journal of Neuroradiology (Brinjikji et al.) a chiffré la fréquence des anomalies visibles à l'imagerie — dégénérescence discale, protrusions — chez des personnes qui n'ont absolument aucune douleur : 37 % à 20 ans, jusqu'à 96 % à 80 ans pour la dégénérescence discale ; jusqu'à 84 % pour les protrusions à 80 ans. Autrement dit, ce que montre une IRM n'est pas synonyme de ce que la personne ressent — de nombreuses « anomalies » sont des changements normaux liés à l'âge, présents aussi chez des personnes sans aucune gêne. Ce constat ne dispense pas d'un avis médical en cas de doute — il invite simplement à ne pas paniquer devant un compte-rendu d'imagerie sans l'interprétation d'un professionnel qui la met en regard de la situation clinique.

La posture « idéale » universelle n'a pas de fondement scientifique solide. Les travaux de chercheurs spécialistes de la douleur et du mouvement (dont Peter O'Sullivan et Kieran O'Sullivan) et une méta-analyse récente sur l'asymétrie posturale (Van Looveren et al., Journal of Clinical Medicine, 2021) convergent : les différences de courbure du dos, de hauteur d'épaule ou d'inclinaison du bassin ne sont, en elles-mêmes, pas systématiquement associées à la présence de douleur. Cela ne signifie pas que la posture n'a aucune importance — cela signifie qu'il n'existe pas une position unique à imposer à tout le monde, et que traquer « le » défaut postural comme cause unique de la douleur est souvent une impasse.

Aucune méthode, y compris le renforcement musculaire, ne peut garantir l'absence totale de récidive. Les données montrent une réduction de la douleur et du risque à l'échelle de groupes suivis dans des études — elles ne constituent pas une promesse de résultat individuel. Le mal de dos reste, pour une partie des personnes concernées, une réalité multifactorielle où interviennent aussi le stress, le sommeil et des éléments qui dépassent le seul champ de l'activité physique.

🎯 Ce que j'observe sur le terrain

Dans l'accompagnement de clients aux journées très sédentaires — cadres, entrepreneurs, dirigeants en particulier — un schéma revient souvent : la douleur de dos n'apparaît pas un jour au hasard, elle arrive après plusieurs semaines de sédentarité renforcée (période de forte charge de travail, déplacements en voiture répétés, sommeil dégradé) sans qu'aucun geste isolé n'en soit la cause évidente. Autre observation fréquente : les personnes qui reprennent une activité après un épisode douloureux progressent plus vite en osant recharger progressivement qu'en s'imposant un repos strict prolongé — ce qui rejoint ce que documentent les recommandations médicales évoquées plus haut. Enfin, chez les profils très sollicités mentalement, la tension du bas du dos s'accompagne presque toujours d'une tension équivalente au niveau des trapèzes et de la nuque — un signe que le stress chronique et la posture assise prolongée s'entretiennent mutuellement.

⚙️ Comment je l'applique avec la méthode AS360

Sur ce sujet précis, l'accompagnement s'articule autour de trois axes complémentaires :

  • Renforcement fonctionnel progressif du tronc et du dos, en respectant le principe de charge croissante — jamais un travail générique copié-collé d'une cliente à l'autre, mais un point de départ ajusté au niveau réel et une progression construite dans la durée.

  • Électrostimulation EMS X-Body comme complément possible pour solliciter en profondeur la sangle abdominale et les muscles stabilisateurs du dos, sur un format court, en particulier utile pour les emplois du temps très chargés.

  • Volet entreprise (bien-être au travail / QVCT) : au-delà de l'accompagnement individuel, des ateliers en entreprise permettent d'agir sur l'organisation elle-même — pauses actives, aménagement des espaces, sensibilisation des équipes — plutôt que de reporter toute la responsabilité sur chaque collaborateur pris isolément.

Le suivi WhatsApp H24 permet aussi d'ajuster rapidement le programme en cas de poussée douloureuse, plutôt que d'attendre la prochaine séance pour adapter quoi que ce soit.

❌ Erreurs fréquentes

  • Tout miser sur l'ergonomie du poste et rien sur le corps. Une chaise ou un bureau assis-debout de qualité aide, mais ne remplace ni le mouvement régulier ni le renforcement — c'est un complément, pas une solution à lui seul.

  • S'arrêter complètement au moindre signal douloureux. Sauf signal d'alerte (voir plus bas), l'immobilité prolongée retarde généralement la récupération plutôt qu'elle ne la favorise.

  • Chercher la posture parfaite au lieu de chercher la variation. Se crisper pour « se tenir droit » toute la journée fatigue davantage que d'alterner naturellement plusieurs positions correctes.

  • Ne travailler que les abdominaux « visibles » et négliger les muscles profonds et le dos lui-même. Le tronc fonctionne comme un ensemble — avant, arrière, latéral, profond.

  • Reprendre trop vite, trop fort, après une longue pause. La progressivité protège davantage qu'un retour en intensité maximale « pour rattraper le temps perdu ».

💭 Idées reçues

« Il faut absolument s'asseoir droit, épaules en arrière, en permanence. » Non — aucune position statique, même jugée idéale, ne peut être tenue des heures sans fatigue. La variation régulière de position protège davantage qu'une posture figée, aussi rigoureuse soit-elle.

« Une chaise ergonomique haut de gamme règle le problème. » Elle peut aider au confort, mais les études sur le sujet ne montrent pas qu'elle suffise, seule, à faire disparaître le mal de dos lié à la sédentarité — le mouvement régulier et le renforcement restent déterminants.

« Le mal de dos, une fois installé, ne se corrige plus vraiment. » C'est l'une des idées reçues les plus décourageantes — et les données sur le renforcement musculaire montrent au contraire des améliorations significatives de la douleur et de la fonction, y compris pour des douleurs installées depuis longtemps.

« Faire des abdominaux tous les jours suffit à protéger le dos. » Le tronc est un ensemble de plusieurs groupes musculaires qui travaillent en coordination — se concentrer uniquement sur les abdominaux « visibles » laisse souvent de côté les muscles profonds qui jouent le rôle le plus déterminant dans la stabilité lombaire.

🏠 Questions de la vie quotidienne

Je travaille sur plusieurs écrans, difficile de me lever souvent. L'objectif n'est pas de quitter le poste 10 minutes à chaque fois — 3 à 5 minutes de marche, ou même simplement se lever et changer de position quelques instants toutes les 30 minutes, suffisent à produire un effet mesurable selon les données disponibles.

Je passe beaucoup de temps en voiture entre deux rendez-vous professionnels. La position assise prolongée en voiture cumule les inconvénients de la sédentarité et des vibrations du véhicule. Profiter de chaque arrêt pour marcher quelques minutes et éviter d'enchaîner immédiatement un long trajet après une longue réunion assise limite l'accumulation de charge sur une même position.

Je suis dirigeant(e), mes journées s'enchaînent sans réelle coupure. C'est souvent le profil le plus exposé à la sédentarité continue, car les micro-pauses naturelles d'un poste plus encadré (collègues, horaires fixes) disparaissent. Bloquer des créneaux courts dans l'agenda, au même titre qu'un rendez-vous, est souvent plus efficace que de compter sur la spontanéité.

J'ai mal au dos depuis une reprise d'activité après une longue pause. C'est un scénario fréquent et généralement lié à une reprise trop rapide plutôt qu'à une lésion nouvelle — le guide dédié à la reprise d'activité après une pause approfondit ce point.

📋 En pratique cette semaine

  • ✓ Régler une alarme toutes les 30 minutes pour se lever, même 2 à 3 minutes

  • ✓ Ajouter 2 séances courtes de renforcement du tronc dans la semaine (15-20 minutes suffisent pour démarrer)

  • ✓ Remplacer un appel assis sur deux par un appel en marchant, quand c'est possible

  • ✓ Observer sur la semaine : la douleur est-elle liée à des journées particulièrement statiques, ou apparaît-elle sans lien évident avec l'activité ?

  • ✓ En cas de douleur actuelle : continuer à bouger dans la mesure du supportable plutôt que de s'arrêter totalement, sauf signal d'alerte (voir ci-dessous)

L'objectif de la semaine 1 n'est pas de tout changer d'un coup. C'est d'introduire la rupture régulière de position — le levier le plus documenté et le plus simple à mettre en place immédiatement.

❓ FAQ

Le mal de dos au bureau est-il forcément lié à une mauvaise posture ?
Pas nécessairement. Les données scientifiques récentes montrent que les variations de courbure du dos ou d'alignement ne sont pas systématiquement associées à la douleur. L'absence de variation de position et le manque de renforcement musculaire jouent souvent un rôle plus déterminant que la posture elle-même.

Faut-il investir dans une chaise ergonomique ou un bureau assis-debout ?
Cela peut contribuer au confort et faciliter l'alternance des positions, mais ce n'est pas, à lui seul, une solution documentée comme suffisante. Le mouvement régulier et le renforcement musculaire restent les leviers les mieux soutenus par la recherche.

Peut-on continuer à faire du sport quand on a mal au dos ?
Dans la grande majorité des cas de lombalgie commune, oui — en adaptant l'intensité et le type d'exercice, et sauf signal d'alerte nécessitant un avis médical. Le maintien d'une activité adaptée est associé à une meilleure récupération que l'arrêt complet.

Le mal de dos au travail justifie-t-il systématiquement un arrêt de travail ?
Non, ce n'est pas automatique — cette décision appartient à votre médecin, en fonction de votre situation individuelle. Les recommandations médicales de référence soulignent d'ailleurs que le maintien de l'activité, ou une reprise adaptée précoce, fait partie des facteurs qui aident à éviter le passage à la chronicité.

🩺 Quand consulter un professionnel de santé ?

Ce guide relève de l'activité physique et de la prévention. Il ne remplace ni une consultation, ni un avis médical. Consultez rapidement un médecin si :

  • la douleur survient après un traumatisme (chute, choc) ou s'accompagne d'une fièvre inexpliquée ;

  • vous ressentez un engourdissement, une perte de force ou des picotements qui descendent dans une jambe ;

  • vous constatez des troubles du contrôle urinaire ou intestinal, ou une perte de sensibilité inhabituelle — il s'agit alors d'une urgence médicale ;

  • la douleur est présente la nuit, ne s'améliore pas au repos, ou s'accompagne d'une perte de poids inexpliquée ;

  • la douleur persiste ou s'aggrave malgré plusieurs semaines d'adaptation de l'activité ;

  • vous avez des antécédents médicaux particuliers (ostéoporose connue, antécédent de cancer, traitement immunosuppresseur) et un nouvel épisode de douleur apparaît.

Mon rôle de coach s'arrête là où commence celui du médecin — et les meilleurs résultats naissent précisément de cette complémentarité.

✅ Ce qu'il faut retenir

  • Le mal de dos lié au travail de bureau touche la majorité des actifs — ce n'est ni rare, ni une fatalité individuelle.

  • Ce n'est pas la position assise en soi qui pose problème, mais l'absence de rupture régulière de cette position — visez une pause toutes les 30 minutes.

  • Il n'existe pas de posture parfaite universelle : la variabilité des positions compte davantage que la perfection d'une seule.

  • Le renforcement musculaire progressif du tronc est l'intervention la mieux documentée pour réduire la douleur et prévenir les récidives.

  • Sauf signal d'alerte, continuer à bouger aide généralement plus que l'arrêt complet — la peur du mouvement peut devenir un problème en soi.

  • Les questions de diagnostic et de traitement relèvent de votre médecin. L'activité physique travaille en complément, jamais en remplacement.

📚 Sources

  • INRS, « Lombalgies : statistique, risques ».

  • Zhang, Lv, Yi, Qiu & Wu, « Global, regional, and national burden of low back pain in working-age population from 1990 to 2021 and projections for 2050 », Frontiers in Public Health, 2025.

  • Santé Publique France, étude sur les relations entre conditions de télétravail et survenue de lombalgie, octobre 2023.

  • Ameli.fr (Assurance Maladie), « Lombalgie commune : favoriser le maintien de l'activité professionnelle ».

  • Anses, Avis relatif à la révision des recommandations sur les ruptures de sédentarité, saisine n° 2025-SA-0031, 2025.

  • INRS, recommandations de prévention de la sédentarité en milieu professionnel.

  • Smrcina, Woelfel & Burcal, « A Systematic Review of the Effectiveness of Core Stability Exercises in Patients with Non-Specific Low Back Pain », International Journal of Sports Physical Therapy, 2022.

  • Méta-analyse sur les différents types de renforcement du tronc dans la lombalgie chronique non spécifique, Frontiers in Physiology, 2025.

  • Ijzelenberg et al., « Exercise therapy for treatment of acute non-specific low back pain », revue Cochrane actualisée, 2024.

  • Brinjikji et al., « Systematic Literature Review of Imaging Features of Spinal Degeneration in Asymptomatic Populations », American Journal of Neuroradiology, 2015.

  • Van Looveren et al., « Postural asymmetry in low back pain: a systematic review and meta-analysis », Journal of Clinical Medicine, 2021.

  • Singh, Murphy, Maher & Smith, méta-analyse sur la formation des habitudes de santé, Healthcare, 2024, 12(23):2488.

  • Lally et al., étude fondatrice sur la formation des habitudes, 2010.

  • Deci & Ryan, théorie de l'autodétermination (Self-Determination Theory), travaux fondateurs et revues.

  • Norme ISO 11228 relative à la manutention manuelle de charges.

📖 À lire ensuite

  • [Sédentarité et pauses actives : ce que recommande l'Anses] (guide #18)

  • [Posture et confiance : le lien que la science confirme] (guide #19)

  • [Routine mobilité 10 minutes : le protocole quotidien] (guide #20)

  • [Bien-être au travail et QVCT : ce qu'une entreprise peut vraiment mettre en place] (guide #27)

✍️ À propos de l'auteur

Alexis Sellier est coach sportif holistique à Amiens et fondateur de la méthode AS360. Titulaire du CQP Instructeur Fitness (option Personal Trainer), du BNSSA et d'une certification en électrostimulation EMS X-Body, il accompagne principalement les femmes actives de 30 à 60 ans, à domicile à Amiens et dans sa métropole, ainsi que des entreprises dans le cadre d'accompagnements bien-être au travail — toujours en complément du suivi médical lorsque c'est nécessaire.

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