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Cas client : sport régulier, aucun poids perdu — et ce que ça a révélé

Cas client : sport régulier, aucun poids perdu — et ce que ça a révélé

Par Alexis Sellier, coach sportif holistique à Amiens — Dernière mise à jour : juillet 2026

En résumé (réponse rapide)

Voici le parcours réel d'une cliente que j'ai accompagnée à Amiens — appelons-la Sophie, pour préserver son anonymat. Six mois d'entraînement régulier, deux séances par semaine, et strictement aucun poids perdu. Elle suivait par ailleurs une nutritionniste depuis le début, un point que j'ai longtemps respecté comme relevant de son domaine de compétence — jusqu'à ce que je creuse davantage. Ce cas illustre à la fois l'importance de vérifier plutôt que de supposer, et ce qui se passe quand un traitement médicamenteux est pris sans structure d'accompagnement derrière. Les résultats individuels varient d'une personne à l'autre ; ce récit décrit un cas précis, pas une promesse.

Le point de départ

Sophie s'entraînait avec moi deux fois par semaine, avec une vraie régularité. Sur le plan alimentaire, elle suivait une nutritionniste en parallèle, et me disait manger correctement. Comme la nutrition relevait clairement du domaine de compétence de sa nutritionniste, je n'ai pas cherché à intervenir sur ce terrain pendant plusieurs mois — jusqu'à ce que l'absence totale de résultat, malgré une pratique sportive régulière, m'amène à poser plus de questions.

Ce que j'ai découvert en creusant

Un suivi nutritionnel dont elle ne maîtrisait pas les bases. En lui demandant simplement ce que sa nutritionniste lui recommandait précisément — ses besoins caloriques, son métabolisme de base — elle n'a pas su répondre, alors que ce suivi durait depuis plusieurs mois. Après six mois côté nutrition et quatre mois de notre côté sans aucune évolution, je lui ai conseillé d'arrêter ce suivi.

Une suggestion de traitement qui m'a fait douter. Sa nutritionniste lui avait alors suggéré d'envisager un traitement de type GLP-1, en évoquant une possible insulinorésistance. Plutôt que d'accepter ou de rejeter cette hypothèse sans vérification, j'ai demandé à un médecin avec qui je travaille de lui faire faire une prise de sang pour objectiver la situation. Le résultat a montré une insulinorésistance réelle, mais légère — pas du niveau généralement associé à une indication de ce type de traitement. Cette vérification n'avait pas vocation à trancher qui avait raison ; elle a simplement permis d'avoir une donnée objective avant de décider quoi que ce soit.

Une sous-alimentation sévère, découverte en reprenant tout depuis le début. En reprenant l'ensemble de son alimentation depuis le premier jour de notre accompagnement, j'ai réalisé qu'elle mangeait beaucoup moins que ce que son corps exigeait, même au repos — largement en dessous de ses besoins réels, malgré un entraînement régulier. Son corps fonctionnait en mode conservation, ce qui explique à lui seul l'absence totale de perte de poids, indépendamment de toute autre considération. Fait notable : elle ne ressentait presque aucune sensation de faim, ce qui masquait complètement ce sous-apport à ses propres yeux.

Comment ça s'est terminé

Malgré la vérification biologique et les axes de travail identifiés sur l'alimentation, Sophie souhaitait toujours envisager le traitement médicamenteux, qu'elle percevait comme plus rapide et plus simple. Je l'ai mise en garde sur les risques d'un tel choix sans accompagnement structuré derrière. Nous avons continué à travailler ensemble encore deux mois, le temps de poser clairement les axes à travailler, puis l'accompagnement a pris fin.

Elle a par la suite commencé un traitement de type GLP-1, sans routine sportive ni rééquilibrage alimentaire structuré en parallèle. Un an et demi plus tard, elle avait repris la quasi-totalité du poids perdu pendant le traitement.

🩺 Ce que ça illustre, au-delà de ce cas précis

Ce qui est arrivé à Sophie n'a rien d'isolé. Les données scientifiques sur les traitements de type GLP-1 sont sans ambiguïté sur ce point précis : l'arrêt du traitement s'accompagne quasi systématiquement d'une reprise de poids rapide. Un essai de référence (STEP 4) a mesuré qu'environ deux tiers du poids perdu étaient repris dans l'année suivant l'arrêt. Le mécanisme est bien documenté : ces traitements agissent sur les hormones qui régulent la faim et la satiété : à l'arrêt, ces mécanismes reviennent à leur fonctionnement antérieur, et l'appétit revient souvent au même rythme. Plusieurs sociétés savantes insistent aujourd'hui sur un point clé : intégrer l'activité physique et l'alimentation dès la prescription d'un GLP-1, pas seulement après son arrêt, pour limiter ce phénomène de reprise.

🩺 Un point important

Ce récit décrit le parcours réel d'une cliente en particulier, avec son accord pour le partager de façon anonymisée. Ce n'est pas une promesse de résultat : les trajectoires individuelles varient. La décision de suivre ou non un traitement médicamenteux, quel qu'il soit, relève exclusivement du médecin prescripteur et de la personne concernée — mon rôle s'est limité à faire objectiver une hypothèse par une prise de sang et à alerter sur l'importance d'un accompagnement structuré en parallèle d'un tel traitement.

✅ Ce qu'il faut retenir

  • L'absence totale de perte de poids malgré un entraînement régulier mérite de creuser du côté de l'alimentation, même quand un suivi nutritionnel existe déjà.

  • Une sous-alimentation sévère peut passer inaperçue si elle ne s'accompagne pas d'une sensation de faim marquée.

  • Face à une hypothèse médicale (comme une insulinorésistance), vérifier par une donnée objective vaut mieux que d'accepter ou de rejeter sans preuve.

  • Les traitements de type GLP-1 s'accompagnent d'une reprise de poids fréquente et rapide à l'arrêt — les données montrent qu'environ deux tiers du poids perdu sont repris dans l'année, en particulier sans structure d'accompagnement (activité physique, alimentation) mise en place en parallèle.

📚 Sources

  • Wilding et al., essai STEP 4, reprise de poids après arrêt du sémaglutide, JAMA.

  • « Weight maintenance after discontinuation of GLP-1 therapies », eClinicalMedicine, 2026.

  • Mehrtash, Dushay & Manson, « Integrating diet and physical activity when prescribing GLP-1s: lifestyle factors remain crucial », JAMA Internal Medicine, 2025.

  • Quimbayo-Cifuentes et al., « Weight Regain After GLP-1-Based Therapy Discontinuation: Failure, Physiology, or Follow-Up Gap », Cureus, 2026.

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✍️ À propos de l'auteur

Alexis Sellier est coach sportif holistique à Amiens et fondateur de la méthode AS360. Titulaire du CQP Instructeur Fitness (option Personal Trainer), du BNSSA et d'une certification en électrostimulation EMS X-Body, il accompagne principalement les femmes actives de 30 à 60 ans, à domicile à Amiens et dans sa métropole — toujours en complément du suivi médical lorsque c'est nécessaire.

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